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Life is a gift and love is a mystery that doesnt need to be unveiled but enjoyed and lived to the fullest...No secret recipes just a sum of experiences, stories, real life case study to help you understand the why and the how of your current relationship...So feel free to share your experiences and ideas with me as well as ask me for an advice...... Above all I will share here inspirational stories and ways of getting empowered as African women. It is time to stop the blaming game and take charge of our lives in order to make a significant change within our societies.

Vive la fin de la fête du pagne !

 “Les droits que nous voulons:
Nous voulons choisir notre mari
Nous voulons être propriétaire de nos terres
Nous voulons aller à l’école
Nous ne voulons plus être excisées
Nous voulons prendre nos propres décisions
Nous voulons être respectées dans le monde de la politique, et en tant que chefs de file.
Nous voulons les mêmes chances” – Rebecca Lolosoli

Qu'est ce qui n'a pas marché ? 

C’est la question tragi-comique que je me pose en argot ivoirien quand je vois la tournure festive et ludique que prends le 8 mars dans nos contrées ensoleillées. Chaque année de Kinshasa à Abidjan et Douala à Cotonou, les mêmes scénarii se répètent : choix d’un uniforme, d’un lieu de retrouvailles et d’un programme pour divertir les femmes pendant cette journée qui nous est dédiée.  Beuveries, retrouvailles entre filles et causeries stériles prennent parfois le pas sur le vrai sens de cette journée. Où sont donc nos héroïnes qui ont soufferts sang, sueur et larmes pour nos droits ? Je vois d’ici le regard moqueur de Mariama Ba, la moue dédaigneuse de Jacqueline Ki Zerbo , le nez de Cléopâtre qui s’allonge et l’air interrogateur de Taytul Beytoul .

Je me souviens que ma première année à Kinshasa,  j’ai reçu une rose rouge ainsi que toutes les femmes de l’entreprise où je travaillais pour cette célébration.  J’ai dit merci,  béatement où plutôt bêtement contente. Pourtant, ce n’est pas la Saint Valentin… Mais enfin faisons les taire en leur offrant des fleurs, ainsi elles ne revendiqueront plus rien. Etait-ce le message sous-jacent ?

Au Grand Hôtel de Kinshasa les salles louées par des entreprises sont prises d’assaut par des femmes en pagnes uniformes qui s’apprêtent à faire la fête sur fond de rumba arrosé de bières locales.  A Abidjan, les VIP se regroupaient sous des tentes autour des autorités compétentes.  Nos gesticulations sont bien lointaines du discours de Sankara : « Il n’y a de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée».

Sommes-nous libérées ? Le nous que je représente est-il la majorité ? De nombreux progrès ont été faits certes mais le chemin à parcourir reste encore long vers l’accomplissement de l’objectif de développement 5 (ODD5) qui est de « parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et filles ».

Pour ce qui est du 8 mars, je sens une implication citoyenne des femmes avec la multiplication d’ événements responsables avec du contenu et des messages forts porteurs de vrais plaidoyers en faveur des femmes.

Quid des femmes rurales? 

Elles représentent la majorité silencieuse, 70% et pourtant ne possèdent que 20% des terres. Cette inégalité trouve son origine dans le droit coutumier qui favorise principalement la succession en faveur des hommes, fils où frères des défunts. Les veuves sont souvent lésées et exploitée par la belle-famille.

Et les femmes réfugiées? 

En 2018 77% des 57.000 réfugiés ayant fuis les conflits dans l’Est de la RDC vers l’Ouganda sont des femmes et des enfants (UNHCR). Celles-ci sont à la merci de l’insécurité, du manque d’hygiène et surtout de facilités pour la gestion de leurs règles. Leurs enfants n’ont pas accès à l’éducation ni aux soins de santé basiques. Démunies et déshumanisées les femmes réfugiées sont à la merci des violences, des meurtres et de la misère.

Quid des fillettes excisées ?

Voici les statistiques effarantes des femmes ayant subi une mutilation génitale (MGF): Somalie 98%, Guinée 97%, Egypte 91%, Mali 89%, Burkina Faso 76% , Sénégal 26%. (Unicef). De nombreuses initiatives sont à l’œuvre et sur le pied de guerre sur le continent. La lutte continue sans relâche pour le changement des mentalités.

Des jeunes filles mariées de force ? Au Burkina 52% des filles de moins de 18 ans se marient et au Sahel ce sont 87,1% de filles de moins de 18 ans.(unicef ). Une très belle initiative cette année au Burkina avec le lancement de la campagne « Ne m’appelez pas Madame » dont la grande chorégraphe engagée Irene Tassembedo est partie prenante.

A quand la fin de la culture du viol ?

L’Afrique est le continent où on viole le plus les femmes. Les statistiques ne sont pas de 100% comme voudrait le faire croire Mme Blair dans sa déclaration dégradante et insultante où elle affirme que la première relation sexuelle d’une femme en Afrique est un viol. Selon le rapport «  World’s women 2015 : trends and statistics » des Nations Unies, 37% des Africaines auraient subies une violence sexuelle dans sa vie. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces viols ne sont pas limités aux zones de conflits mais concernent aussi les villes. Il est de briser le silence pour que stoppent les viols conjugaux et l’impunité qui prévaut dans de nombreux pays d’Afrique.

Le fait que le Dr Mukwege ait été primé du Prix Nobel de la paix contribue à lever le voile et conscientiser le monde. Mais le viol comme arme de guerre reste une pratique répandue sur le continent en cas de conflits et d’instabilité.

 
Et les femmes battues ? 

Au Sénégal 5680 cas de violences conjugales ont été enregistrés entre 2017 et 2018 dont 52% dans la sphère domestiques et 70% de cas de coups et blessures volontaires. 54% concernent des violences sexuelles et 24% des violences verbales. (Comité de lutte contre les violences faites aux femmes Sénégal).

 
Qu’en est-il de la gestion de l’hygiène menstruelle ?

Selon une étude de l’ONG Plan International, en Afrique 1 fille sur 10 ne va pas à l’école à cause des menstrues qui sont donc un frein à leur éducation. Stigmatisation, omerta, manque de structures d’hygiènes décentes et de moyens pour se procurer des protections décentes sont autant de raisons qui fragilisent les études des jeunes filles. Eduquer, Informer, disponibiliser les serviettes périodiques tout en tenant compte de l’environnement est un challenge que nos autorités doivent prendre en compte. De même il convient d’adresser les problématiques liées à l’hygiène menstruelle dans les politiques d’éducation nationale de notre continent. Le ministère de l’éducation nationale du Burkina a lancé un projet pilote en partenariat avec l’Unicef en 2016, aux fins de fournir des outils d’apprentissage à la gestion de l’hygiène menstruelle aux Ecoles. Ce type d’engagement devrait s’étendre sur le continent pour sensibiliser les adolescents des 2 sexes aux réalités de la menstruation.

Il n’y a aucun garçon qui est assez beau ou intéressant pour vous empêcher de vous éduquer. Si je m’étais souciée de qui m’aimait bien ou de qui me trouvait mignonne quand j’avais votre âge, je ne serais pas mariée au Président des États-Unis aujourd’hui. Michelle Obama

 
Sankara notre héros féministe 

Lorsque la Ministre Laurence Marchal du Burkina a supprimé la célébration de la journée internationale de la femme au Burkina en 2018, j’ai applaudi. Sankara venait de ressusciter pour la énième fois dans mon esprit. Le plus féministe des Africains était ainsi honoré. 

Nous sommes de plus en plus conscientes de l’importance du 8 Mars et de notre impact auprès de la majorité. Nous prenons nos responsabilités pour aider à transformer positivement la société aux fins d’élever les autres vers nous. Au Gabon, invitée par l’association des Mille et Une présidée par le Dr Assélé Nicole, j’ai pu voir le travail qui est fait sur le terrain pour sensibiliser la femme Gabonaise et l’informer de ses droits. En Côte-d’Ivoire des associations telles qu’Actives et Séphis respectivement dirigées par Karidjata Diallo et Séfora Kodjo œuvrent pour changer les conditions des femmes sur le terrain. Actives a mis en place une charte contre les violences basées sur le genre et travaille sur un concept dédié à la protection des femmes violentées. Sephis organise annuellement des tournées nationales pour former des jeunes femmes au Leadership. Au Sénégal Jeader désenclave les jeunes entrepreneurs en leur offrant des ressources non financières précieuses : réseaux, informations cruciales, formation, etc.

Wimnet mon initiative personnelle œuvrent dans le renforcement de capacités de femmes voulant consolider leur TPE où PME et s’organise pour sensibiliser les populations à la gestion de l’hygiène menstruelle dans le Sahel.

Au Mali, je salue le travail acharné de Mme Bouaré Directrice du Wildaf qui se bat sans relâche sur tous les terrains où la femme est fragilisée. Et croyez-moi, le terrain est vaste.

La liste est longue, mais pas encore assez, contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’y a pas assez de soutiens aux femmes et aucune association n’est de trop.

Les entreprises de plus en plus invitent des speakers autorisés pour influencer et inspirer positivement les femmes qui souvent n’osent pas s’imposer. Les mentalités changent et l’état d’esprit est en cours de transformation.

   

Les informations sont l’apanage des élites formées. Et non, nous ne sommes pas la majorité. Nous sommes juste les plus visibles, les plus bruyantes et les plus connectées.

Nous avons libéré la parole, nous osons un peu plus, nous aspirons à occuper des postes au sein de conseils d’administration, nous écrivons des livres, dirigeons des entreprises  mais qu’en est-il de la majorité silencieusement bruyante avec ses réalités douloureuses? Loin des Cabas en pagne de  Douala et des festivités des grosses entreprises de Dakar et Kinshasa.

La fête du pagne se substitue progressivement  à des discussions de fond sur les vrais problématiques de femmes Africaines : le mariage précoce, les mutilations génitales, les violences liées au genre, l’accès à l’éducation, la précarité …

Nos devancières ont toujours luttées pour les autres, pour celles qui n’ont pas la parole et ne peuvent pas se défendre.  Notre rôle n’est plus de gesticuler en pagne en nous autoproclamant championne de la défense des droits des femmes :

La journée internationale des droits de la Femme n’est ni la Saint-Valentin,  ni la fête des mères mais plutôt une journée où l’on devrait se pencher sur nos droits .Où en sommes-nous? Quel chemin reste-t-il à parcourir pour l’accès aux soins de santé,  à la connectivité,  au choix, à l’éducation, à la sécurité ?

Quels sont nos droits en tant que femmes ? Comment faisons-nous pour combler le gap?

C’est  à nous d’informer et d’éduquer  nos filles, nos sœurs,  nos fils, nos maris, de les sensibiliser afin de nous rapprocher le plus possible des ODD notamment les numéro 5, 6 , 7 qui touchent le plus les femmes d’Afrique Subsahariennes .

Après un 8 mars épique et mouvementé dans la capitale, nous avons toute l’année pour aller en zone rurale, péri-urbaines ou dans des lycées et délivrer des messages d’espoir à nos sœurs, filles et mères résignées et résilientes pour leur dire que nous menons leur combat pour plus d’eau, de santé,  d’éducation et d’équité.

Ce n’est plus la fête du pagne mais la journée qui marque le début d’une année placée sous le sceau du combat pour plus de justice pour les femmes au sein de nos sociétés. Et rien ne nous empêche de le faire en portant le pagne tant que nous ne perdons pas de vue nos objectifs.

Le mariage n’est pas une chaine. C’est une adhésion réciproque à un programme de vie. Et puis, si l’un des conjoints ne trouve plus son compte dans cette union, pourquoi devrait-il rester? Ce peut-être Abdou, ce peut-être moi. Pourquoi pas? La femme peut prendre l’initiative de la rupture

.”Il faut inciter la femme à s’intéresser davantage au sort de son pays. Même toi qui rouspètes, tu as préféré ton mari, ta classe, les enfants à la chose publique. Si des hommes seuls militent dans les partis, pourquoi songeraient-ils aux femmes? La réaction est humaine de se donner une large portion quand on partage le gâteau

Mariama Ba

©Naboulove Mars 2019

Le Masque de la Souffrance

Forte , résiliente, courageuse et puissante

C’est le masque que nous portons hantées par la perfection et la peur de ne pas être à la hauteur. Nous craignons de ne pas être assez belle, assez séduisante, assez bonne épouse, assez bonne mère, assez bonne professionnelle Le syndrome du chef de famille, de celle qui résous tous les problèmes nous minent. Aida N. 38 ans porte comme un fardeau son succès :  » jamais je n’ose dire à mes parents quand j’ai un souci de travail  » Ma mère n’oserait plus me demander d’acheter ses médicaments alors qu’elle est hypertendue et diabétique. Elle va se gêner de peur de me porter préjudice. Mon père aura une attitude protectrice envers moi. »

Face à des conjoints de plus en plus indifférents, les femmes se taisent et subissent. Être une femme forte cela veut-il dire que l’on doit tout avaler, supporter et encaisser sans partager nos fardeaux. Ce syndrome qui nous bouffe peut mener à la dépression, l’une des conséquences directes du mal être de nombreuses femmes Africaines. Mère, sœur, soutien de famille, enfant cheffe de famille et responsable, nous intériorisons nos échecs, refusant de montrer aux autres notre vulnérabilité aveu d’une faiblesse inavouable. Ce déni, cette quête absolue de perfection, cette volonté de réfléchir une image lisse & sans faille, comporte un risque pour notre équilibre émotionnel. Nous avons été élevées à dissimuler tout ce qui pouvait ternir la réputation de nos familles et nous répétons ce schéma dans nos vies. le secret gardé (enfant adultérin, relation extra conjugales, échec scolaire d’un enfant, etc.) est un poids lourd pour la Femme Africaine. Femme orchestre véritable gestionnaire du temps, elle jongle entre vie privée, professionnelle et sociale essayant de s’en sortir sur tous les fronts avec dignité.

« j’ai fini par m’effondrer un jour dans mon bureau et le médecin m’a mis au repos pendant 7 jours » , confie Aya , cheffe d’entreprise à Abidjan, mère de 4 enfants et très active dans des associations féminines. « J’étais en pleine dépression sans le savoir. J’ai accepté de consulter un psy pendant 3 mois et cela m’a aidé à me retrouver. Je m’occupai de tout et de tout le monde mais je m’oubliais. Je me gâtais en dépensant des sommes folles en sacs de marques, chaussures et vêtements. »

Aya avait substitué son bien être à l’acquisition de biens matériels. Elle pensait que l’accumulation de biens pouvait remplacer son bien-être. Combien d’entre nous font la même erreur et s’oublient, ne se posent pas quelques minutes pour penser à leurs vrais besoins de femme et d’être humain. Etre accompagnée et écoutée par un psy lui a permis de se décharger et de se recentrer sur elle-même.

Cette course effrénée au succès, à la possession, à la perfection nous éloigne de notre essence et nous met en conflit permanent avec nous-même.

Se réconcilier avec nous même, redéfinir nos priorités, accepter notre humanité et nos parfaites imperfections sont des pas vers la guérison. S’asseoir et se poser les bonnes questions sur ses besoins physiques et émotionnels est une démarche nécessaire à notre survie.

Trop donner, être présente partout et pour tous est une garantie d’autodestruction. Il faut apprendre à dire non. « Non je ne peux pas » devient un simple réflexe d’auto préservation. Finalement après quoi courrons nous vraiment et cela va-t-il plus que notre santé mentale et physique. Quand on a tout donné que nous reste t- il pour nous même si ce n’est un sentiment de vide émotionnel et un risque de déséquilibre mental? s’accomplir professionnellement, devenir la personne que nous rêvons d’être, exister, réussir sa vie ne doivent pas se faire au détriment de notre personne.

Trouver des rituels de restauration, se poser, gérer ses obligations et arrêter de se mettre des pressions inutiles et sans valeur ajoutée est la voie vers la réconciliation avec soi- même.

Je pause, je respire, je vis.

Nabou Fall

Le DROIT DE NE PLUS AIMER

Ma cousine m’a écrit hier soir. Elle est  dégoûtée,  dépitée,  déçue, démoralisée et brisée. Cet homme avec qui elle pensait construire sa vie ne partage pas les mêmes rêves qu’elle, ni les mêmes objectifs de vie. En colère,  frustrée et amère,  elle me confie  sa douleur, une plaie béante au  cœur. Je connais trop bien cette sensation de fin du monde où notre existence semble s’écrouler et nos plans tels un  château de cartes détruit par le vent sont éparpillés au sol.  Il (son désormais ex) m’a humilié et ridiculisé devant ma famille et la sienne assène –t-elle avec amertume et colère. 

               Je réfléchis à ce que je pourrais lui dire pour la consoler. En mon fort intérieur j’ai envie de lui dire une seule chose : une personne peut arrêter de nous aimer et cela ne fait pas d’elle un monstre où une mauvaise personne. Le privilège de la maturité, de l’expérience et des chagrins : j’ai appris que l’amour ne se force pas. Certes il s’entretient, se construit  et grandit mais seulement s’il existe une graine.  Mais il peut arriver, qu’il grandisse et s’arrête un jour. Dans la souffrance, j’ai réalisé que les gens pouvaient arrêter de m’aimer tout autant que je pouvais  arrêter de les aimer. « Happily ever after » formule erronée qui a induit en erreur des générations d’amoureux en les guidant aveuglément vers un chemin de rêves et d’espoirs brisés par une réalité pénible. On nous  a tellement appris à vivre à travers l’amour des autres que sans cet amour on pense être détestable.Erreur. Nous existions avant cet amour et nous existerons après.      

               Une personne a le droit de ne plus nous aimer et cela ne diminue en rien notre valeur, on ne brille pas moins parce que quelqu’un ne nous aime plus  et on ne doit pas arrêter de savourer la vie juste à cause d’une histoire d’amour interrompue. Arrêter d’être aimée ce n’est pas la fin d’une vie. Certes c’est déchirant et déprimant  mais souvent je pense que ce sont plus nos égos que nos émotions qui sont blessés. 

               Nous avons été conditionnés pour attendre cet amour de l’autre et des signes standards nous ont été  enseignés : battements de cœur effrénés, émotions complexes et désordonnées, désorientation et complicité amoureuse.  Ces moments où l’on se retrouve dans l’autre : miroir où pièce manquante de notre puzzle existentiel. Et là ce sont des longues périodes d’échanges intenses, des heures passées à se raconter intimement, des bonjours et des bonnes nuits romancées, des conversations exaltantes et même de belles disputes où incompréhension et désir de réconciliation se mêlent.  Ah c’est donc ça l’amour ? Deux âmes qui se retrouvent et se reconnaissent. On se met alors à concevoir la  vie à deux, de voyages merveilleux loin du quotidien, d’enfants qui nous ressembleraient, d’union fastueuse, de projets communs. On s’idéalise mutuellement et on refuse de voir l’autre imparfait. Si je l’aime et qu’il ou elle m’aime c’est que nous sommes parfaits l’un pour l’autre.

               Chemin faisant, pour certains quelques jours intenses, pour d’autres des mois de découvertes  et même des années de vie commune, on se réveille un matin. Ce jour fatal où l’autre nous a tourné le dos, quand nous même nous cherchons à partir loin de cet amour mourant. Ne plus aimer où ne plus être aimé ne transforme pas la personne qui n’aime plus  en un monstre sans cœur. C’est juste un humain qui a terminé son chemin avec nous. La vie doit  continuer avec nous-même.  Effrayante perspective pour beaucoup d’entre nous. Se retrouver seul sans l’autre. Devoir exister en dehors de l’idée de couple. Ce n’est pas la fin du monde ! Mais plutôt une opportunité de faire l’expérience de soi, de son malaise. C’est un moment d’intimité avec soi qui va nous grandir et nous rappeler que nous avons tant besoin de nous même avant de vouloir un Autre .

               C’est ainsi que je compris que ne plus m’aimer ne me diminuait en rien  mais c’était au contraire une chance pour grandir et me construire pour devenir la personne que je dois être, prête à accueillir avec sérénité les belles opportunités qu’offre la vie. 

               Certaines histoires d’amour doivent se terminer et ce qui compte c’est d’en sauvegarder les beaux souvenirs et les douces sensations.

 « Be Empowered because you are powerful »

 ©Naboulove

17/10/2018

It’s time to Break the Silence

“An injustice to one is an injustice to all” Martin Luther King

Every day as African women we complain about electricity, water, this & that but do we think about the thousands of women raped in the Eastern part of DRC where rape has become a weapon -.

Let’s forget about endless studies & statistics. From the comfort of our homes & daily routine, let’s remember the Francoise, Honorine, Marie, mothers, sisters , girls who only aspired to live a normal life. But one day, their villages & homes got attacked by heinous armed gangs. Militias? Militaries? Pro-governments? Rebels? One thing is sure they are heartless barbarians who threaten, rape & kill blindly regardless of age. I remember the testimony of an 80 years old raped by 10, 15 men. She couldn’t remember…She was left for dead on the roadside, like an animal. To her own regrets, she had survived to the horror. Women are raped & beaten then kept prisoners as slave sex for an indeterminate period of time. « Johnny mad Dog »  & « Blood Diamonds»  are not just fiction movies. The horror happened for real in Sierra Leone, Liberia & happens everyday in DRC. When I see Hollywood stars & International figures like : Hilary Clinton, Margot Wallstrom, Ben Affleck, Charlize Theron, Rosario Dawson, etc. who travel regularly to the Eastern Part of Congo in Kivu to give their support to Vday’s action in that region I wonder where is the African sisterhood ? Vday , an NGO created by Eve Ensler the author of Vagina Monologue,  opened the City of Joy in Bukavu. The first class of women trained, emotionally & physically rebuilt graduated in January 2012.

«In the end, we will remember not the words of our enemies, but the silence of our friends. »Martin Luther King Jr

Women of Africa, women of the world, we are all guilty. I am not an activist or an expert on the topic but I can’t go on pretending nothing is happening. Maybe I am just writing to share my guilt, to stop behaving as  if  the rapes happening on my land were none of my business. The mineral malediction is well documented by expert reports analyzing deeply the consequences of Rwandan War in the Congo. What I want to emphasize here is the system where rapists don’t pay for their crimes. As of today, only 5% have been judged[1]…Many of them are free involved in all kinds of traffic. Should we continue pretending all is well. No. It is time for us to at least acknowledge  the facts & raise awareness around us. Congo might not be your country but Africa is our continent. Let’s break the silence sisters. Worst is when a study states that  40% of the rapists are civilians[2]. Can our conscious stay clear when these barbaric acts are condemned from London to Sidney & Washington to Geneva? We are Africans. We must care. We must condemn. At least.

However, I feel bad when I look back & think about my answer to people whenever I tell them I live in DRC. I usually answer carelessly with a confident  smile  « Oh everything is fine in Kinshasa … How can I say “It’s fine” when within the borders of the country I live in, 48 women[3]  are being raped each hour. The country has been sadly named “World Capital of Rape”. And these statistics are more than figures. They are broken lives, women who live with self-hatred. Wives, sisters, daughters, mothers rejected  by their communities. Fates destroyed by men’s madness. …

While doing researches what worried me the most is the growth of that gangrene within the Congolese society. Studies have shown that women in urban areas are more & more victims of rapists who happen to be a husband, a boyfriend, a neighbor, a relative[4]

 « What we don’t say becomes a secret, and secrets often create shame and fear and myths.». Eve Ensler

Fortunately some people like  Mrs Christine Schuler de Schryver  Manager of the City of Joy in Bukavu &Dr  Mukwege  from Panzi Hospital devoted their lives to save women hurt in their flesh & soul. Despite adversity & harsh conditions, these Congolese invested a lot of energy to restore them psychologically, morally & emotionally. Their joint efforts have given hope to many women who were more like zombies upon their arrival. The question is: are African women safe in their countries?  Beyond the gender issues , how secure is an African woman in a conflict zone?

«To call the women  » the weaker sex  » is a defamation; it is the injustice of the man to the woman. If the nonviolence is the law of the humanity, the future belongs to women.»Gandhi

« What I witnessed in Congo has shattered and changed me forever. I will never be the same. None of us should ever be the same.. » Eve Ensler

Next year, on march 8th, when we will celebrate International women’s day, let’s remember the basics : That day is to remember & claim women’s rights ,not just a get together. Share with your sisters the story of the 400.000 women that have already been raped in Democratic Republic of Congo. Remember  the 1152 that will be raped[5] on that day… Raise your voice so that our sisters, daughters, mothers & grandmothers can walk without fear & sleep peacefully. Tomorrow, anyone of us could be a victim.

©Naboulove (originally published in French  Kabibi Magazine in DRC 2012)

[1] Vday.org

[2] Etude Oxfam/Harvard initiative humanitaire 2010

[3]AJPH avec l’ International Food Policy Research Institute Stony Brook University New York, World Bank, partially funded by US Government

[4] ”American journal of public health” Study states that   22.5%  of the rapes within the sample was done either by a husband or an intimate partner not by soldiers or rebels

Il est temps de Briser le silence : Cri du cœur de la Journée Internationale de la femme

Faisant fi des études et des chiffres, je souhaite simplement que du confort de nos maisons et dans la sécurité de notre routine quotidienne  l’on se souviennent des Françoise, Honorine, Marie ,des mères des sœurs, des filles qui n’aspiraient qu’à vivre une vie normale. Mais un jour , leurs villages« Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier.» MLK

J‘ai une histoire à raconter, une mémoire à partager, des témoignages à pérenniser et ce, pour que, comme moi chaque jour au moment de la journée ou vous vous plaindrez de l’eau qui manque ou des coupures d’électricité et autres désagréments de notre quotidien Kinois,  vous pensiez à ces centaines de milliers de femmes qui sont meurtries physiquement et moralement par les hordes de violeurs qui sévissent à l’est de la RDC –entre autres-.

et maisons ont été investis par des chevaliers de la Haine, miliciens ? militaires ? FDLR ? FARDC ? Une chose est sure, ce sont des barbares déshumanisés qui menacent , violent et tuent sans distinction d’âge. Dans ma mémoire reste gravée à jamais le témoignage radiophonique d’une femme de 80 ans qui d’une voix lente, chargée d’émotions et de douleur  racontait comment des monstres à visage humain l’avait violée  à 10 ou 15 , elle ne savait plus…Ils l’avaient laissé pour morte sur le bas côté… D’autres femmes violées et battues sont capturées puis retenues captives comme esclave sexuelle pendant une durée indéterminée. «  Johnny mad Dog  »  et «  Blood Diamonds »  ne sont pas que des films de fiction. L’horreur n’arrive pas qu’au Liberia , ou en Sierra Léone… Elle existe là dans les limites de nos frontières…Elle interpelle le monde entier : Hilary Clinton, Margot Wallstrom, Ben Affleck, Charlize Theron, Rosario Dawson, etc.etc.  En effet vous reconnaissez là de grands noms  de Hollywood  ou des antres du pouvoir, qui malgré leur emploi du temps chargé se rendent régulièrement au Kivu pour soutenir ces femmes et surtout l’action de Vday dans cette région. Cette association de défense de droit des femmes créée par Eve Ensler , dramaturge fémininiste qui a ouvert la “Cité de la joie” à Bukavu dont la première promotion de femmes formées et reconstruites physiquement et émotionnellement  par une équipe de personnes dévouées est sortie le 28 Janvier 2012. Quel écho à Kinshasa ?  Aucun…Juste le silence

« A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. »Martin Luther King Jr

Nous sommes toutes coupables,  pas seulement nous les femmes du Congo mais les femmes d’Afrique en Général … Je suis loin d’être une activiste, ou une experte en la question mais finalement je ne me plus continuer à faire semblant. Comme si les viols qui sévissent ici  et là ne me regardaient pas. J’écrit peut être pour partager ma culpabilité –car je suis loin d’être innocente…- . De nombreux articles traitent de la malédiction des minéraux, des rapports d’experts analysent en profondeur les incidences de la guerre du Rwanda, et autres faits marquant de l’histoire récente et contemporaine du pays. Alors je ne me hasarderai point à répéter des faits, des statistiques, des rapports. Mais il est important de rappeler l’impunité flagrante dont bénéficient les coupables de ces crimes , il apparait que moins de 5% des cas recensés ont été jugés[1]…Nombreux sont ceux qui circulent librement s’adonnant à toute sorte de trafics. Doit-on continuer à se taire, à aller aux mariages de la haute société, manger dans les grands restaurants et faire le tour du monde en classe affaire en fermant les yeux sur ce qui se passe juste au coin de la rue. Non . Il est temps de refuser la fatalité et ne serait-ce qu’admettre le fait  que la situation est révoltante, en discuter entre amies, sensibiliser nos frères, maris, pères et fils dont l’image pâtit en premier lorsque le Congo est qualifié de « Pays le plus dangereux pour les femmes »…Brisons le silence , essayons au moins d’agir car quand on sait que 40% des coupables de viols sont des civils[2] , on ne peut plus se sentir indifférente car les civils sont parmi nous. Je me demande comment ai-je pu vivre aussi longtemps dans un pays sans que ma conscience soit perturbée par ces actes de Barbaries décriés de Londres à Sydney en passant par Washington et Genève ?

Néanmoins avec  du recul – sursaut de ma conscience torturée- je suis peu fière à chaque fois lors d’un voyage à l’étranger, je dis aux gens que je vis en RDC et que lorsqu’ils semblent inquiets pour moi , je réponds avec assurance et contentement « mais non je vis à Kin, et tout va bien » … Et pourtant la RDC a été tristement baptisée «  Capitale Mondiale du Viol » … Alors comment puis je répondre que «  tout va bien ». Alors que pendant que « je vais bien » dans ma vie 48 femmes[3] se font violer chaque heure dans le pays ou selon moi « la vie est belle ». Et ces statistiques sont plus que des chiffres ce sont des vies brisées, des femmes qui en viennent à vivre avec la haine de soi , des épouses , des sœurs, des filles, des mères rejetées par leur communauté parce qu’elles ont été souillées. Des destins qui ont basculés du fait de la folie des hommes…

Mais lors de mes lectures , ce qui m’a le plus alarmé, c’est la progression de cette gangrène qu’est le viol dans la société Congolaise. En effet , des études ont montré que la barbarie s’est étendue au-delà des zones de conflit et qu’elle touche de plus en plus  les femmes dans les zones urbaines , notamment à Kinshasa  qui sont abusées par un mari , un voisin, un parent[4]

“Ces femmes au Congo, mendient juste pour vivre , elles ne mendient pas de l’argent, seulement le droit de vivre en sécurité dans leur pays”. Christine Schuler Deschryver

Je ne saurais trouver les mots pour dire le respect, l’admiration et la gratitude que j’ai pour des personnes comme Mme Christine Schuler de Schryver  Directrice de la Cité de la Joie à Bukavu et le Dr  Mukegwe du Panzi Hospital. En dépit de l’adversité , des conditions de travail difficile, de l’environnement sécuritaire précaire , ces congolais ont dévoués leur vie à la reconstruction psychologique, émotionnelle et morale de femmes meurtries dans leur chair. Leurs efforts combinés ont permis de redonner espoir à de nombreuses femmes mortes-vivantes en arrivant au centre.
Mais la phrase de Mme Schuler-Deschryver soulève le voile sur la cause profonde du problème :« le droit de vivre en sécurité dans leur pays » . Au-delà de la parité, les femmes du Congo doivent pouvoir circuler sans craindre d’être prise pour cible . La question du genre telle qu’elle est traitée ne doit pas faire l’impasse sur la REALITE : la congolaise n’est pas en sécurité dans son pays.[5]

« Appeler les femmes « le sexe faible » est une diffamation ; c’est l’injustice de l’homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes. » Gandhi

 

« Ce dont j’ai été témoin au Congo m’a brisée et changée pour toujours. Je ne serai plus jamais la même. Aucun de nous ne devrait plus jamais être la même personne. » Eve Ensler

Cette année quand nous participerons à ces manifestations du 8 mars, organisées par nos sociétés ou associations, n’oublions pas les fondamentaux : la journée de la femme est une journée de rappel et de revendication et non pas seulement une journée de fêtes. N’oublions pas la situation des 400.000 femmes déjà violées et des 1152 qui seront violées[6] le jour ou nous paraderons avec nos pagnes uniformes. Donc faisons circuler ce messages, avec nos possibilités, nos moyens et osons lever la voix pour que nos sœurs, filles, mères et grand-mères puissent aller aux champs sans trembler, et dormir dans leur maison sans crainte. Car demain l’une d’entre nous peut être la victime.

« Les femmes soutiennent la moitié du ciel » adage Japonais

« Je le dis parce que je crois que ce qu’on ne dit pas, on ne le voit pas, on ne le reconnaît pas, on ne se rappelle pas. Ce qu’on ne dit pas devient un secret et les secrets souvent engendrent la honte, la peur et les mythes ». Eve Ensler

©Naboulove

Article paru en 2012 (Kabibi Magazine)

 

[1] Vday.org

[2] Etude Oxfam/Harvard initiative humanitaire 2010

[3]AJPH avec l’ International Food Policy Research Institute de l’université Stony Brook à New York, Banque Mondiale, partiellement financé par le gouvernement américain

[4] Dans une étude de l’”American journal of public health”  22.5% des viols perpétrés dans leur échantillon l’étaient par un mari ou un partenaire intime, non par des soldats qui écument à travers les villages. Un taux de viol  excessivement élevé a été trouvé dans la province de l’Equateur

[5]Selon  Anthony Gambino ex Directeur USAID au Congo « 40 ans de déclin économique et politique au Congo » pourrait expliquer l’incidence élevée du viol en RDC

[6] International Food Policy Research Institute de l’université Stony Brook à New York, Banque Mondiale, partiellement financé par le gouvernment américain