Le Masque de la Souffrance

Forte , résiliente, courageuse et puissante

C’est le masque que nous portons hantées par la perfection et la peur de ne pas être à la hauteur. Nous craignons de ne pas être assez belle, assez séduisante, assez bonne épouse, assez bonne mère, assez bonne professionnelle Le syndrome du chef de famille, de celle qui résous tous les problèmes nous minent. Aida N. 38 ans porte comme un fardeau son succès :  » jamais je n’ose dire à mes parents quand j’ai un souci de travail  » Ma mère n’oserait plus me demander d’acheter ses médicaments alors qu’elle est hypertendue et diabétique. Elle va se gêner de peur de me porter préjudice. Mon père aura une attitude protectrice envers moi. »

Face à des conjoints de plus en plus indifférents, les femmes se taisent et subissent. Être une femme forte cela veut-il dire que l’on doit tout avaler, supporter et encaisser sans partager nos fardeaux. Ce syndrome qui nous bouffe peut mener à la dépression, l’une des conséquences directes du mal être de nombreuses femmes Africaines. Mère, sœur, soutien de famille, enfant cheffe de famille et responsable, nous intériorisons nos échecs, refusant de montrer aux autres notre vulnérabilité aveu d’une faiblesse inavouable. Ce déni, cette quête absolue de perfection, cette volonté de réfléchir une image lisse & sans faille, comporte un risque pour notre équilibre émotionnel. Nous avons été élevées à dissimuler tout ce qui pouvait ternir la réputation de nos familles et nous répétons ce schéma dans nos vies. le secret gardé (enfant adultérin, relation extra conjugales, échec scolaire d’un enfant, etc.) est un poids lourd pour la Femme Africaine. Femme orchestre véritable gestionnaire du temps, elle jongle entre vie privée, professionnelle et sociale essayant de s’en sortir sur tous les fronts avec dignité.

« j’ai fini par m’effondrer un jour dans mon bureau et le médecin m’a mis au repos pendant 7 jours » , confie Aya , cheffe d’entreprise à Abidjan, mère de 4 enfants et très active dans des associations féminines. « J’étais en pleine dépression sans le savoir. J’ai accepté de consulter un psy pendant 3 mois et cela m’a aidé à me retrouver. Je m’occupai de tout et de tout le monde mais je m’oubliais. Je me gâtais en dépensant des sommes folles en sacs de marques, chaussures et vêtements. »

Aya avait substitué son bien être à l’acquisition de biens matériels. Elle pensait que l’accumulation de biens pouvait remplacer son bien-être. Combien d’entre nous font la même erreur et s’oublient, ne se posent pas quelques minutes pour penser à leurs vrais besoins de femme et d’être humain. Etre accompagnée et écoutée par un psy lui a permis de se décharger et de se recentrer sur elle-même.

Cette course effrénée au succès, à la possession, à la perfection nous éloigne de notre essence et nous met en conflit permanent avec nous-même.

Se réconcilier avec nous même, redéfinir nos priorités, accepter notre humanité et nos parfaites imperfections sont des pas vers la guérison. S’asseoir et se poser les bonnes questions sur ses besoins physiques et émotionnels est une démarche nécessaire à notre survie.

Trop donner, être présente partout et pour tous est une garantie d’autodestruction. Il faut apprendre à dire non. « Non je ne peux pas » devient un simple réflexe d’auto préservation. Finalement après quoi courrons nous vraiment et cela va-t-il plus que notre santé mentale et physique. Quand on a tout donné que nous reste t- il pour nous même si ce n’est un sentiment de vide émotionnel et un risque de déséquilibre mental? s’accomplir professionnellement, devenir la personne que nous rêvons d’être, exister, réussir sa vie ne doivent pas se faire au détriment de notre personne.

Trouver des rituels de restauration, se poser, gérer ses obligations et arrêter de se mettre des pressions inutiles et sans valeur ajoutée est la voie vers la réconciliation avec soi- même.

Je pause, je respire, je vis.

Nabou Fall

2 réflexions sur « Le Masque de la Souffrance »

  1. mmm…interessant…tu devrais lire: ‘Le journal de Joshua » Nabou…L’histoire d’une femme brisee qui d’abord se tait de peur de briser ce qu’elle a bati…puis elle se reconcilie avec elle-meme, sa vie, ses proches et s’octroie enfin le droit au bonheur qu’elle ne s’etait jamais autorisee….

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