L’essor de la désintoxication sexuelle en Amérique

(AFP)

19 février 2010

L’affaire Tiger Woods a propulsé sur le devant de la scène les cliniques de désintoxication pour « drogués du sexe », des établissement très lucratifs qui prolifèrent aux Etats-Unis.

Dernière célébrité en date à se soumettre à un traitement dans une clinique spécialisée dans les dépendances, le golfeur américain est apparu en public vendredi, pour la première fois depuis fin novembre, et a présenté en direct à la télévision des excuses pour ses écarts extraconjugaux.

Les psychologues qui traitent ces cas assurent qu’il ne s’agit pas d’excuses avancées pour expliquer un comportement sexuel, mais bien d’une pathologie réelle.

« Le cas de Woods a attiré l’attention sur le sujet, mais je traite des patients depuis des années, et je peux assurer que beaucoup de relations sont mises en danger par un comportement qui est plus fréquent qu’on ne l’imagine », a indiqué Craig Gross, expert et auteur d’un livre sur le phénomène.

Selon lui, un traitement dans un établissement tel que celui dans le Mississippi, au centre des Etats-Unis où le champion de golf séjourne coûte entre 20 000 et 40 000 dollars pour une cure de six semaines.

La thérapie inclut des séances de psychothérapie, des médicaments et des rencontres de groupes. La psychothérapie peut être élargie à des membres de la famille ou autres personnes impliquées.

Parmi les médicaments prescrits, les médecins citent des antidépresseurs, des tranquillisants et des substances régulant l’activité sexuelle. Les thérapies de groupe sont semblables aux pratiques utilisées par les associations d’alcooliques anonymes, et échelonnées en 12 étapes.

Le « programme de compulsion sexuelle » d’une clinique de l’Arizona propose sur son site internet un traitement « intensif » en quatre jours, du lundi au jeudi. Tiger Woods, lui, a déjà passé 45 jours dans la clinique, et y retourne samedi.

Le docteur Michael Johnson, spécialisé dans les traitements des dépendances sexuelles à Austin, au Texas, estime pour sa part qu’un traitement efficace « dure environ deux ans, parfois plus. »

La médecine officielle garde ses distances, et l’Association américaine de Psychiatrie ne qualifie pas la dépendance sexuelle de pathologie. Pour le Dr Johnson, il s’agit d’un vrai problème, qui peut détruire des existences.

« On assiste à une explosion de ce type de comportement, qui est lié au problème de la satisfaction instantanée des désirs qui existe dans notre société », souligne-t-il.

« Dans mon cabinet, je reçois des gens qui sont moins célèbres que Tiger Woods, et qui mettent en danger tout ce qu’ils ont dans la vie. Tiger Woods n’est qu’un exemple, à l’instar d’Eliot Spitzer », l’ancien gouverneur de l’Etat de New York qui avait dû démissionner il y a deux ans après un scandale impliquant des réseaux de prostitution de luxe.

Pour le Dr Johnson, les excuses publiques de Tiger Woods ne sont pas nécessairement liées au traitement qu’il suit. « Il avait l’air crédible et sincère. Ses déclarations montrent clairement qu’il a appris quelque chose », estime-t-il.

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