L’EROTISME DANS LE TEXTE par Sammy Ghorbal

L’érotisme dans le texte

Des prêches religieux à la littérature, l’érotisme n’a jamais été absent de l’histoire des Arabes. Si la sexualité est seulement autorisée dans le strict cadre d’un contrat légal, le fait d’en parler librement fut longtemps admis, selon le précepte « la haya’ fi-ddin » (« pas de honte en religion »). L’érotologie était donc une matière prisée par les théologiens et portait sur la vie intime des croyants. La sexualité était enseignée dans les mosquées dans le cadre de « cours publics de sexualité ». Les manuels sur l’acte amoureux foisonnaient. Les traités de science, de droit et de médecine abordaient également cette question sans complexe, et un certain Avicenne, auteur de L’Épître du désir, encourageait à soigner par l’amour.

Mais c’est surtout dans la littérature qu’on trouvera les textes les plus libertins. Du Jardin amoureux du Damascène Ibn Qayyim al-Jawziyya au Jardin parfumé du Tunisien Nafzaoui, des contes des Mille et Une Nuits aux anecdotes irrévérencieuses d’Abou Nawas, en passant par les recettes amoureuses de l’Égyptien Tifachi, tout un corpus littéraire s’ingéniait à décrire les positions, les recettes et les amulettes censées faire jouir le croyant.

Aujourd’hui, on a expurgé les scènes jugées érotiques des Mille et Une Nuits et jeté l’opprobre sur ceux qui entendent, malgré tout, écrire dans la même veine jubilatoire que leurs ancêtres. Parler de sexe est devenu la chasse gardée des prêcheurs cathodiques, qui ont réduit l’amour à une panoplie de consignes à travers lesquelles l’érotisme a laissé place à la pudibonderie, la parole licencieuse à la fatwa. La sociologue marocaine Fatema Mernissi, qui vient de publier L’Amour dans les pays musulmans (Albin Michel), les appelle les « imams numériques ».

L’évolution des comportements au Maghreb est réelle, mais le poids des traditions incite à la discrétion et aux petits arrangements avec la vérité.

Même si la parole s’est beaucoup libérée, la sexualité reste à bien des égards un tabou maghrébin. En Algérie, aucune étude sérieuse n’a encore été publiée sur le sujet. L’enquête que prépare le Dr Smaïl Boulbina, grâce au soutien de trois grands quotidiens nationaux (El Khabar, El Watan et Liberté), qui ont accepté de diffuser 10 000 exemplaires de son questionnaire, entre octobre et décembre 2008, sera donc une première. Les conclusions de cette radioscopie de la sexualité algérienne seront divulguées en octobre 2009. Et elle promet de faire du bruit.

Car il n’est pas facile d’interroger les Maghrébins sur leurs pratiques sexuelles. Les blocages émanent de tous les milieux. « Il y a une dizaine d’années, nous avions distribué un questionnaire aux étudiants en médecine de Sfax, se souvient le psychiatre tunisien Anouar Jarraya. Les trois quarts ont atterri directement à la poubelle. Et les garçons ont été deux fois plus réticents que les filles à nous répondre. » Le conservatisme reste la norme. Tout est fait pour sauver les bonnes mœurs et pour assurer le triomphe d’un ordre moral qui s’acharne à confondre sexualité licite et mariage. Dans les trois pays, la loi interdit et réprime le concubinage. Les couples non mariés ne peuvent prendre une chambre à l’hôtel. La police a théoriquement le droit de procéder à des contrôles inopinés, en tout lieu et à toute heure, et de demander à un couple qui se tient par la main dans la rue ou qui circule en voiture de prouver « la légitimité de leur relation ». Et il est évidemment impensable de s’embrasser en public. Un tel acte est punissable d’amende.

Mais derrière ce puritanisme de façade, la réalité est très différente. Les jeunes n’ont plus rien à voir avec leurs aînés. Dans les quartiers branchés des grandes villes, décolletés plongeants cohabitent sans tension apparente avec les hidjabs, et les filles, fashion victims consentantes, multiplient audaces vestimentaires et comportementales. Garçons et filles sortent, s’amusent, fument, boivent. Et souvent flirtent. Le relativisme moral gagne du terrain. Les sociétés maghrébines, obsédées par l’apparence, sont devenues consuméristes et matérialistes. À en croire certains, elles se dévergondent. « Les prostituées ne se cachent plus et aguichent le client à la terrasse des salons de thé, témoigne Dali, la trentaine, cadre dans une grande banque tunisienne. Et il y a de plus en plus de salons de massage qui sont en réalité des maisons de passe… » La prostitution a toujours existé au Maghreb. Et reste un des modes d’initiation privilégié à la sexualité masculine. 47 % des Tunisiens interrogés en 2003 par les psychiatres Fakhreddine Haffani et Hicham Troudi avouaient avoir perdu leur pucelage dans un bordel. Aujourd’hui, l’amour tarifé n’est plus l’apanage des professionnelles. Étudiantes, vendeuses, coiffeuses s’y adonnent occasionnellement, et trouvent là le moyen de gagner en une passe ce qu’elles mettraient un mois de travail à amasser.

Ce « relâchement des mœurs » trouve en bonne partie son explication dans la montée du célibat. L’âge moyen du mariage frôle maintenant les 30 ans pour les femmes et les 33-34 ans pour les hommes. Cette évolution traduit la modernisation des sociétés et le recul de l’endogamie, ces unions entre cousins ou entre personnes de la même famille. Le mariage résulte désormais davantage d’un choix personnel que d’une stratégie communautaire. La mixité est devenue la norme, à l’école, à l’université, au travail, ou dans les centres commerciaux. Et les nouvelles technologies, le téléphone portable et plus encore Internet ont multiplié les opportunités de rencontrer l’âme sœur… Parents et enfants doivent trouver de nouveaux accommodements. « Dans ma génération, j’ai été l’une des dernières à me marier, à 23 ans, comme mon fiancé, que j’avais rencontré au cours d’un stage à l’hôpital, raconte Nadia, 57 ans, pédiatre à Casablanca. Comme lui, j’avais eu quelques aventures, mais rien de sérieux. Hadi, mon fils aîné de 28 ans, travaille mais ne gagne pas encore assez bien sa vie pour prendre un appartement. Depuis deux ans, nous lui avons aménagé une chambre dans ce qui auparavant nous servait de garage. Il a une entrée indépendante. Est-ce qu’il reçoit des copines ? Il est discret, et nous, nous essayons de ne pas être envahissants. Mais nous sommes lucides. Nous ne pouvons pas exiger de lui qu’il reste sage jusqu’à 30 ou 35 ans… »

 

Socialement correct

Même si sa situation n’a rien d’exceptionnel, Hadi fait assurément partie des privilégiés. « Les garçons et les filles issus de milieux favorisés peuvent multiplier les expériences, grâce à l’argent, à la voiture et à l’accord tacite de leurs parents, explique le Dr Smaïl Boulbina. Mais la grande majorité des jeunes Algériens non mariés vit dans la frustration. Ils peuvent difficilement aller au-delà du flirt, et leur vie sexuelle se limite le plus souvent à la masturbation ou à la sexualité virtuelle par Internet. L’irruption de la pornographie grâce aux paraboles, dans les années 1990, a provoqué un véritable séisme mental chez les plus jeunes, écartelés entre un monde réel fait de privations et un monde virtuel d’abondance et de licence. Il ne faut pas s’étonner qu’ils soient prêts à prendre tous les risques pour rejoindre clandestinement l’Europe. Ils la voient comme un pays de cocagne, comme une sirène qui les invite à l’Odyssée. »

Faute de statistiques fiables, l’âge des premiers rapports est très difficile à estimer, et se situe dans une fourchette de 18 à 25 ans pour les garçons. L’homosexualité, honnie et réprouvée, est largement pratiquée. Un tiers des hommes de l’échantillon interrogé en Tunisie par les équipes du professeur Haffani ont ainsi avoué avoir eu au moins une fois un rapport homosexuel. Mais, dans la même étude, les sondés étaient presque unanimes (77,3 %) à considérer celle-ci comme « la pratique la plus intolérable pour la société », loin devant l’adultère (12 %) et les relations hors mariage (7,7 %). Ce bel exemple de schizophrénie montre le fossé qui existe entre les comportements et un discours resté très conservateur.

La distorsion est encore plus flagrante quand il est question des femmes. Une écrasante majorité des Maghrébins, les deux sexes confondus, estime que la virginité est une règle sociale à sauvegarder. « Les femmes y sont attachées par souci du socialement correct. Elles ont intériorisé le modèle traditionnel, explique le Dr Jarraya. Et l’idée que leur femme est vierge et n’a jamais été possédée par un autre flatte l’orgueil des hommes. »

Les hommes ne sont pas les seuls à blâmer. Car leur misogynie est construite par des femmes : leurs mères. Un cercle vicieux pour l’instant impossible à briser, car les femmes sont les premières à entretenir le mythe de la virginité. Quitte à négocier de petits arrangements avec la vérité. La reconstitution des hymens est devenue un business juteux pour les gynécologues. Quant au nec plus ultra, les certificats de virginité de complaisance, délivrés par des médecins peu scrupuleux, ils peuvent coûter entre 6 000 et 7 000 dinars tunisiens (3 300-3 800 euros). Soit jusqu’à 35 fois le smic, mais ils trouvent preneurs.

« Le problème, poursuit le Dr Jarraya, c’est que les sociétés maghrébines sont en manque de modèles et de repères. Soumises à des influences contradictoires – occidentales et orientales –, elles traversent une véritable période de confusion identitaire. Et cela se ressent très fortement dans la sphère intime. » Chacun tente de bricoler des réponses. La réislamisation en est une. Le voile a opéré un spectaculaire retour en force. Mais, contrairement à une idée en vogue, les « moutahajibat » (les filles voilées) ne seraient pas forcément plus vertueuses ou plus prudes que les autres. L’habit ne fait pas la nonne. La question, brûlante, est le sujet d’un film marocain très controversé, Amours voilées. Aziz Salmy, son réalisateur, a délibérément transgressé un tabou en portant à l’écran la romance adultérine entre Batoul, jeune trentenaire, médecin, pieuse, et mère de famille, et Hamza, un divorcé et célibataire endurci, de vingt ans son aîné. Inutile de dire que ce long-métrage a reçu un accueil plutôt frais du côté des islamistes du royaume…

Par Samy Ghorbal 

© Jeune Afrique

De quelques tabous…par Fawzia Zouari

De quelques tabous…

Mariage, virginité, divorce, adultère, homosexualité… Les codifications et les interdits sont nombreux.

L’une des phobies de l’islam est la pratique du sexe hors mariage. Les croyants se sont donc évertués à rendre licite le lien éphémère en convolant devant témoins. D’où le « mariage temporaire » (zawat al-mut‘a) chez les chiites ou le « mariage du voyageur » (nikah al-misyar), chez les sunnites.

Si l’islam réprouve l’adultère, rien dans le Coran ni dans la Sunna ne punit la femme de lapidation, une pratique juive à l’origine, à laquelle l’Évangile a mis fin avec la fameuse phrase du Christ à propos de Marie Madeleine : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. »

Le respect du cadre conjugal vise à préserver le lignage et les héritages, l’islam rejetant l’adoption. Ce même souci pousse à mettre des règles strictes au remariage des divorcées. La idda, période d’attente de trois mois entre deux unions, est obligatoire pour la femme afin de s’assurer de la paternité des enfants éventuels. Ce qui n’empêche pas quelques contorsions : les divorcées qui tombent enceintes quelques semaines après une séparation ont inventé le mythe de « l’enfant endormi », issu de l’ex-mari mais qui se serait assoupi…

Si l’attachement à la virginité est présent dans les autres religions monothéistes et dans toute la Méditerranée, il l’est encore plus en terre d’islam, où la membrane intacte est considérée comme un code d’honneur et un gage de vertu. Jaloux et fiers, les musulmans y voient une ultime récompense selon une tradition qui leur promet, dans l’au-delà, un éden avec une profusion de vierges dont l’hymen se reconstitue après chaque rapport. Quant à l’assimilation de la virginité à la piété, elle garantit à la croyante une place au paradis. Ce qui explique le recours à la couleur verte pour le linceul et aux rubans ornant les cheveux pour les filles qui décèdent jeunes et vierges.

Nombre de pratiques consistent à préserver l’hymen à travers des procédures relevant le plus souvent de la magie et que l’on appelle, entre autres, le « blindage ». La défloration et le saignement constituent encore dans certains villages musulmans l’événement le plus important de la nuit de noces. Sur ce registre, les descendantes de Shéhérazade sont passées maîtres dans l’art de camoufler les hymens abîmés : de la goutte de sang prélevé sur un doigt, jusqu’au foie d’un oiseau dissimulé dans une petite bourse. Aujourd’hui, les progrès scientifiques aidant, il est devenu aussi aisé de recoudre une membrane que de faire un ourlet à sa jupe…

À l’instar du christianisme et du judaïsme, l’islam déconseille la période des menstrues pour les rapports. Si l’homosexualité, la pédophilie et la zoophilie sont interdites comme dans les autres religions, tout le reste est permis en amour : se regarder totalement nus – d’après le hadith de Aïcha : « Je prenais mon bain avec le Prophète alors que nous étions en état de grande impureté dans un même récipient » –, avoir des rapports buccaux ou s’adonner aux plaisirs solitaires. Quant à la sodomie, certains oulémas l’ont interdite, d’autres l’ont autorisée en vertu du verset : « Vos épouses sont pour vous un champ de labour, allez à votre champ comme vous le voulez. »

par Fawzia Zouari © Jeune Afrique

Sex & Islam 2.More About Sex In Islam by Lea Zaitoun

Sex & Islam2More About Sex In Islam
Information taken from Questions and Answers About Women’s Rights In Islam, Compiled by Lea Zaitoun


The Right to Adequate Sexual Relations

Since the purpose of marriage is to be a mutual source of comfort, peace, and enjoyment for each other, like a garment that protects and covers, the sexual aspect of marriage is an extension of this. The husband is asked to be gentle, considerate and loving with his wife, and to try to satisfy her needs.

The wife must reserve herself exclusively for her husband, and make efforts to be attractive, as well as making herself available to him whenever he is in need of her. This latter obligation also applies to the husband.

In Islam, any sexual relations are reserved EXCLUSIVELY for the confines of marriage. Both husband and wife are also obligated to honor the privacy of the intimate relations between them, and should not speak of them to anyone.
 
 

The Prohibition of Sex when She is Menstruating

It is forbidden for a Muslim man to have sexual intercourse with his wife when she is menstruating. The Quran is clear on this subject:

« They ask you concerning menstruation. Say: that is an Adha (a harmful thing for a husband to have a sexual intercourse with his wife while she is having her menses), therefore keep away from women during menses and go not unto them till they have purified (from menses and have taken a bath). And when they have purified themselves, then go in unto them as Allah has ordained for you (go in unto them in any manner as long as it is in their vagina)… » (Al-Baqarah 2:222)
 
 

The Prohibition of Sodomy

Allah (SWT) will not look at the man who commits sodomy with a man or a woman (reported in Sahih Al-Tirmithi (Al-Baaniy) Vol. 1 No. 341).

Malik related to me that he asked Ibn Shihab about someone who committed sodomy. Ibn Shihab said,

« He is to be stoned, whether or not he is muhsan. » (Reported in Malik’s Muwatta)

It is forbidden for a Muslim man to enter his wife in her anus. Allah (SWT) says in the Quran:

« Your wives are a tilth for you, so go to your tilth (have sexual relations with your wives in any manner as long as it is in the vagina and not in the anus), when or how you will, and send (good deeds, or ask Allah to bestow you pious offspring) before you for your ownselves. And fear Allah, and know that you are to meet Him (in the Hereafter), and give good tidings to the believers [O Muhammad (SAW)]. (Al-Baqarah 2:223)

What is understood from the above verse is that a tilth can only refer to a place where something might grow. Therefore, what is meant here is the entry which produces children.

Other sayings of the Prophet Muhammad (SAW) on the subject:
« He is cursed who has anal intercourse (with his wife). » (Reported by Ibin Maja)

« Whoever has sexual intercourse with a menstruating woman, or woman in her anus… has disbelieved in that which was revealed to Muhammad (SAW). » (Reported by Al-Tirmithi)

It can not be stressed too strongly that even animals do not satisfy their sexual urges in this unnatural way. Human beings who are guilty of sodomy are, thus, even lower than animals.
 
 

Purification between 2 acts of Sexual Intercourse

In Islam, when a husband has had sexual intercourse with his wife in the legal manner, and then wishes to return another time, it is preferable that he first performs another ablution (wudu).

Meaning: it is better if he does not commence sexual intercourse in an unclean physical state. In the words of the Prophet Muhammad (SAW):

« This way is purer, cleaner and better. » (Reported by Abu Dawud)

Quand le plaisir n’est pas un péché par Fawzia Zouari

Quand le plaisir n’est pas un péché

La contradiction est frappante entre l’idée reçue d’un islam pudibond et la réalité d’une religion qui magnifie l’acte amoureux. Un droit absolu pour le fidèle aux yeux du Prophète.

L’islam serait puritain par essence, et les musulmans antisexe de nature. Voilà ce qui ressortait d’un sondage CSA publié dans Le Monde des religions en janvier 2005, selon lequel 72 % des Français considèrent que le Coran réprime la sexualité (contre 43 % pour le catholicisme et 38 % pour le judaïsme). Mais il se trouve que la réalité est à l’opposé de ces idées répandues sur la religion de Mohammed. D’abord, parce que s’il est un peuple, une religion, une langue où l’amour a une place primordiale, c’est bien dans le monde arabo-musulman. Pas moins de soixante mots existent pour exprimer l’amour, « comme les Esquimaux en ont soixante pour désigner la neige », a l’habitude de dire le cinéaste tunisien Nacer Khémir. Cela va de la simple inclinaison (mawadda) au transport total (tatayyum) en passant par la passion (ichq) ou l’agonie amoureuse (sababa). Pas un aspect, un détail, une caractéristique de ce sentiment que les musulmans n’aient étudié : ses symptômes, ses genres, ses états et ses remèdes.

Peuple amoureux par essence, les Arabes ont marqué de leur empreinte la poésie courtoise européenne du Moyen Âge et ont initié l’Occident à l’art de la séduction et de la galanterie. À l’instar d’Ibn Hazm, poète andalou du XIe siècle, ils considèrent que « l’amour n’est point objet d’aversion, ni tabou, pour la religion ». La tradition musulmane veut que celui qui aime et meurt d’amour soit considéré comme un martyr.

 

« La Moitié de la religion »

Mais l’amour n’est pas le sexe, dira-t-on. Là encore, on se trompe, car en islam la sexualité est une donnée allant de soi et un chapitre essentiel de la vie du croyant que les imams enseignaient au pied des colonnes des mosquées et dont les faqihs prenaient la défense, tel Al-Makhzumi, qu’on voyait agrippé aux tentures de la Kaaba, à La Mecque, et priant : « Ô mon Dieu, sois clément avec les amoureux, attendris les cœurs de leurs bien-aimés ! »

De fait, la religion du Prophète considère que la sexualité est un acte de foi et le plaisir un droit absolu. Contrairement au christianisme, elle réprouve le célibat et stipule que « se marier, c’est accomplir la moitié de sa religion ». De même qu’elle reconnaît et magnifie le plaisir explicitement. Aucun péché ne pèse sur le sexe, pas même le péché originel, qui n’existe pas en islam : Allah ne l’impute pas à Ève mais au diable, et accorde son pardon au premier couple de l’humanité.

Par conséquent, nulle trace d’un plaisir banni, pas de ceintures de chasteté ni de cadenas sur le ventre des femmes, encore moins de vœu de retraite indéfinie. Étant reconnue et vantée pour elle-même, la jouissance n’est pas assujettie à la procréation. Si l’acte sexuel aboutit à cette dernière : « Allah leur accorde [au couple] un enfant et le diable ne lui fera jamais aucun mal » (Al-Bukhari).

Plus encore, tout acte sexuel génère une récompense selon la tradition suivante. Le Prophète a dit : « Il y a une rétribution dans les rapports sexuels que vous avez. » Ses compagnons s’exclamèrent : « Ô ! Messager d’Allah, l’un de nous a assouvi son désir et il est récompensé en cela ? » Mohammed répondit : « S’il l’avait satisfait dans le haram [l’illicite] n’aurait-il pas commis un péché ? Ainsi, s’il l’assouvit dans le halal [le licite], il obtient en cela une récompense. »

 

Caresses et préliminaires

Le Prophète confiait aussi à ses disciples : « De votre monde, Dieu m’a fait aimer les femmes, les parfums et la prière. » Et s’il est vrai qu’il recommandait aux croyants de prendre garde au pouvoir de séduction des femmes – « Je n’ai pas laissé tentation qui serait pire pour ma communauté que celle que représentent les femmes pour les hommes » –, il ne voyait aucun mal à ce qu’on les aimât. On raconte qu’un homme était venu le voir pour lui dire : « Ô Prophète, il y a chez nous une orpheline demandée en mariage par un prétendant pauvre et un riche. Elle aime le premier et nous le second. » Mohammed répondit : « Il ne s’est rien décidé de mieux pour les amants que de les unir. »

Par ailleurs, il aimait à encourager aux préliminaires et caresses, affirmant : « Il est bon que le croyant joue avec son épouse avant qu’ils aient un rapport, afin d’augmenter son désir et qu’elle prenne autant de plaisir que lui. » On rapporta au calife omeyyade Omar Ibn Abdelaziz (682-720) que le Prophète aurait dit : « Ne la pénètre pas tant qu’elle n’a pas autant de désir que toi, afin que tu ne jouisses pas avant elle. Embrasse-la, fais-lui des clins d’œil, caresse-la, et lorsque tu vois qu’elle a atteint le même niveau de désir que le tien, pénètre-la. » Il recommandait enfin : « Lorsque l’un d’entre vous a un rapport avec son épouse et qu’il assouvit son désir, qu’il ne se presse pas jusqu’à ce qu’elle assouvisse aussi le sien. »

Dans l’imaginaire musulman, le Prophète est le parfait amant, car non seulement il savait honorer les femmes, mais il était doté d’une puissance sexuelle telle qu’il faisait, dit-on, le tour de toutes ses coépouses au cours de la même nuit. Prétendre à cette puissance est une ambition de tout bon croyant, mais une idée qui frustre plus d’un fidèle à la virilité chancelante… Et qui, surtout, choque les Occidentaux, pour qui la figure prophétique est, à l’instar du Christ, ascétique par définition !

En ce qui concerne les femmes, elles ont autant de droits que de devoirs, conformément à la loi « de bienséance » qui doit régir les relations entre époux. Contrairement aux idées reçues, l’islam n’a jamais défendu aux femmes le plaisir. Bien au contraire, il considère comme mauvais croyant celui qui ne leur en procure pas. Et permet à celles qui sont insatisfaites de demander le divorce et de l’obtenir. Les épouses contraintes à des pratiques qu’elles réprouvent peuvent en référer au juge. Ainsi, on raconte que les musulmanes forcées à la sodomie venaient jadis voir le cadi et renversaient leurs babouches, geste censé désigner cette pratique, pour demander justice.

Voilà pour ce qui est de l’islam des sources. Que la pratique, les mentalités ou les temps modernes aient rendu les musulmans puritains et répressifs à l’égard de leur moitié est une réalité qu’on ne saurait nier non plus. Mais il faut en chercher la raison ailleurs que dans le Coran ou la Sunna. 

Fawzia Zouari© Jeune Afrique

Sex & Islam 1.Sex Is Good For You by Muhammad Al-Akili

sex & islamSex Is Good For You

Information Taken From: Natural Healing With the Medicine of The Prophet, Translated & Emendation from original Arabic by Muhammad Al-Akili..

The sexual aspect of life has three basic purposes:

 

1. Conservation of the human race, and continuity of its kind until it reaches the total number of human beings intended by Allah’s (SWT) leave to experience life in this world, to fulfill the divine purpose, and to show gratitude to its Creator.

2. Ejection of bodily fluids from the body, otherwise, suppression or retention of congested semen can cause various kinds of serious illnesses.

3. Fulfillment of one’s desire, satisfaction of one’s sexual pleasure, and enjoyment of this blessing.

The latter is the only pleasure of such intercourse which is also provided in the heavenly paradise, whereby, therein three is neither ejaculation, natural discharge of bodily fluids, nor reproduction.
 

Sex is Good for You

Learned physicians find that sexual intercourse yields essential health benefits.

Galen attributes semen to the elements of fire and air, and describes its humors as hot and moist. This is because semen is rich in prostaglandins, which are hormonelike fatty acids found throughout the body and particularly in semen. Prostaglandins are primary nutrients that affect essential body processes, including blood pressure, metabolism, and body temperature among others. Hence, understanding the value of this most unmitigated and purest form of blood an its preciousness requires great consideration in discharging it.

This means to wisely value the reasons behind dispensing of this precious water of life for either conceiving a child, or emitting it through lawful sexual intercourse upon congestion.

In fact, congested semen which are retained for an extended period can cause various illnesses and infirmities, including obsession, habitude, lunacy, and even insanity, and sometimes, engaging in lawful sexual intercourse may aid in the recovery from such illnesses.

On the other hand, congestion and prevalence of semen for an extended period can cause its corruption, and turns it into a harmful toxin that the body cannot easily dispose of. However, sometimes, nature produces a spontaneous and involuntary emission of excess semen, usually during sleep, and without sexual intercourse.

Some learned predecessors have concluded that the human being should pledge:
 

1. To walk at least a certain minimum distance every day.

2. To feed his stomach at regular intervals, and not to extend fasting from food beyond the religious requirement.

3. Not to abstain from having lawful sexual intercourse, for a water well drains out if its water if its not used regularly.

Imam Muhammad ibn Zakariyya once said:

« Abstaining from sexual intercourse for an extended period weakens one’s nervous system, can cause obstruction of the urethra, and shrinks the penis. »

He added when he observed some people who vowed temporary abstention from sexual intercourse, that their sexual energy diminished, they suffered general weakness of their bodies, became doleful, lost their desire, and their digestive system became corrupt.
 

Hold on….Only Lawful Sex

Other benefits of lawful sexual intercourse include protecting one’s eyes from looking at what is unlawful, preserving one’s chastity, controlling one’s desire and lust against what is unlawful, and providing the same for his or her spouse. This will certainly provide the believing man and woman with innumerable benefits in this world and in the hereafter. Imam Ahmad alluding to abstention from sex, once said:

« I exercise patience when fasting from food and drink, though it is still difficult. »

He also reported in his collection of correct prophetic traditions that Allah’s Messenger (SAW) encouraged the believers to get married, saying:

« Get married, and conceive many children for I shall take pride in your number on the day of judgment. »

Ibn Abbass (RA) narrated that Allah’s Messenger (SAW) said:

« I get married, eat meat, sleep, stand up in night prayers, fast, and break my fast. Whoever disdains from my traditions (Sunnah) is not one of my followers. »

He (SAW) also said:

« O young men whoever among you has the means to establish a family, he should get married, for marriage preserves the chastity of one’s eyes and sexual organ, and whoever cannot afford to establish a family, he must fast from desiring sex, for abstention in that
case will protect him from sin. »

Ibn Abbass (RA) one said:

« We recognize that marriage is the best solution for two people who are in love. »

It is also narrated in the two collections of correct prophetic traditions that Allah’s Messenger (SAW) said:

Allah’s Messenger (SAW) also encouraged people to choose the young and fertile. On this subject, Mu’qal bin Yasar related that a man said to Allah’s Messenger (SAW):

« I found a beautiful woman from a noble family but she cannot bear children, should I marry her? Allah’s Messenger (SAW) replied, « Nay. » The man came back and asked a third time and asked the same question, Allah’s Messenger (SAW) turned to his companions and said: « Choose in your wives the fertile and the affectionate, for I shall take pride in your number on the day of judgment. »
 

Hmmm…So how about some Tips?

Imam al-Tirmithi narrated that Allah’s Messenger (SAW) said:

« It is among the traditions of Allah’s Messengers to marry, to brush their teeth, to anoint themselves with perfume, and to be circumcised. »

Prior to engaging in sexual intercourse, it is necessary for the husband to express his affection and love for his wife by touching her, caressing her, kissing her, and sometimes sucking her tongue. Jabir bin ‘Abdullah narrated that Allah’s Messenger (SAW) enjoined upon a man not to engage in sexual intercourse before caressing his wife.

It is also a prophetic tradition to take a complete ritual ablution (ghusl) after engaging in sexual intercourse and before retiring to sleep, and at least, to take a ritual ablution (wudu), should that man desire to reengage in sexual intercourse anew.

Upon climax, the innate heat transfuses throughout the entire body, and by taking a complete ritual ablution, the water refreshes one’s spirit, and ensures cleanliness and ritual purity. It also rejuvenates the body’s innate heat, musters its caloricity, and helps the gametogenous process. Almighty Allah (SWT) says:

« Verily, We have created man from Nutfah drops of mixed semen (discharge of man and woman), in order to try him, so We made him hearer, seer. (Al-Insan 76:2)