UN SOIR……by Yves Seri

Un soir dans l’ombre de ma chambre, je fis ce sombre rêve, ce triste rêve, que je vais aujourd’hui vous conter.

Une femme, la femme est un être vil et dangereux, qui pour des raisons obscures décide de détruire une existence.

Tel est ô mon lecteur le préambule de ma lettre.

Femme, mot doux, mot magique, qui renferme en son sein le philtre de l’existence, un jour je te vis beauté fatale, tu étais là, belle et triste, accroupie auprès d’un arbre, tu semblais si absente de ce monde, que j’ai décidé d’une seule voix de te redonner goût à la vie.

 

Tu semblais faible que j’avais peur que tu te brises au moindre souffle de vent, alors pour te protéger, j’ai décidé de faire de mon amour pour toi une cape solide qui te protégerait des intempéries de la vie et des turpitudes de l’existence.

Mais moi qui étais-je pour te prendre et faire de toi une vie, pour faire de toi ma vie?

Un homme, jeune homme épris de la beauté du monde, être de plaisir, vivant dans la luxure, je traînais derrière moi mon lourd fardeau d’une vie de plaisir et de débauche.

Emportant vers mon futur mes angoisses et mes rêves d’amour fou.

 

Homme du soir je cueillais la vie sans la croquer, n’ayant aucune saveur, je me complaisais à détruire des relations solides, préférant me contenter de l’éphémère plutôt que du durable.

J’avais cette soif de jouissance, ce désir de reconnaissance, partout et dans chaque endroit je voulais implanter ma marque, déterminer mon territoire.

Je feuilletais le livre de l’existence féminine avec une ardeur joviale et intéressée, pressé page après page de découvrir un autre monde, une autre fièvre, une autre folie.

J’ai bu la liqueur des femmes, me saoulant de leur jouissance et m’évadant la nuit les laissant seules et épleurées.

 

Ma vie cortège d’espoir et de désespoir, amalgame fortuit d’amour passager, de brèves étreintes, de folles jouissances.

J’ai puisé ici et là les joies et les souffrances pour mes jours vieux.

J’avais mal car j’étais en manque de sensations pures, de sentiments véritables, d’amour palpable.

Mon désir étais un ; je voulais aimer, je désirais que mon coeur s’enflamme pour un regard, se consume dans un baiser, et se ravive par des caresses.

J’étais en quête de ce monde magique où la soif assèche la bouche, où la douleur tord les tripes, où l’estomac se noue, où le coeur bat à tout rompre, où l’on a mal d’aimer aussi fort car l’on sait que le doute nous mangera à petit feu, détruisant nos certitudes, mais augmentant chaque jour la fièvre de la passion.

Je voulais aussi être capable de dire  » je t’aime  » sans ambages, je voulais sentir mon être se désarmer devant la vision du rêve, je voulais me voir fondre comme un iceberg au soleil devant la femme que j’aimerai, je voulais me nourrir d’une vie comme cette vie se nourrirai de la mienne, enfin être deux en voulant à chaque instant n’être qu’un.

 

C’est dans cette quête de l’idéal, cette recherche de l’amour, que je te vie:femme je te savais mienne.

Que de tourments avant de te déclarer ma flamme, chose que je connaissais point mais que j’ai appris à aimer avec délices, que de nuits cauchemardesques, de songes bizarres, cette peur qui m’empêchait de te parler, j’avais la peur de l’adolescent, ma fougue, ma belle assurance disparurent comme par enchantement, je me trouvais désemparé, âh comme j’aimais cela!

Mes premières phrases, tous ces balbutiements, ces phrases commencées mais jamais terminées, ce regard fuyant qui n’arrivait jamais à accrocher le tien, ton sourire devant ce comportement gauche, m’ enflait de gênes et me poussait à la fuite, à te fuir, alors que je ne voulais qu’ être avec  toi.


 

Enfin la délivrance : ce oui, cet assentiment où tu acceptais de devenir mienne, où pour une fois nos lèvres sont jointes dans un désir mutuel, avec fougue, avec passion.

J’étais comblé, le nuage du plaisir et de l’amour s’installaient dans mon existence, et le soleil irradiait ma vie de bonheur, fini l’orage et les pluies des viles étreintes passées; bonjour le renouveau.

Que de joies à peine dissimulées, je voulais et je criais au monde entier mon bonheur, ma jubilation était sans faille.

Comme j’aimais les nuits passées auprès de toi, maudissant à chaque instant le jour qui pointe annonçant la douce séparation, j’allais mélancolique au travail, mes journées mornes sans toi, retrouvaient toutes leur vitalité à l’idée de te retrouver.

Nos conversations téléphoniques, ces longs moments où je te disais mon amour, mes folles promesses pour les lendemains meilleurs, pour le bonheur toujours renouvelé, pour toi la soif du travail, le désir de me surpasser pour t’ épater, donner le meilleur de moi, pour avoir le meilleur de toi.

 

Tous mes sens convergeaient vers toi, tu étais au centre d’une existence vouée à l’adoration et à l’admiration de ton être.

T’entendre me dire mon amour faisait de moi un pauvre fou, tel un prête avant la révélation, j’attendais fébrile que tu me délivres en me lançant ces mots magiques : mon amour à toi pour toujours.

Mon engouement était à son zénith, te toucher, te caresser, t’ embrasser, sentir le contact de ton doux corps sur le mien m’ enflammait de mille pensées coquines, j’ ai bu le lait de tes seins et ma soif jusqu’ au aujourd’hui de ton corps s’ est à peine épanchée.

La liqueur de ton ventre me poussait chaque jour à me saouler de ton enivrante boisson, j’étais un chien fou attendant à tout moment l’os qui le maintiendra en vie.

Esclave soumis mais sans chaîne, mon ardeur à te combler de désir ne s’éteignait jamais, j’étais bien, amoureux à souhait et fier de l’être.

 

Puis un jour mes caresses ne te firent plus de l’effet, comme le beau temps succède à la pluie, ta soif de ma personne s’était consumée sans crier garde,

Alors commence lentement le triste décrescendo de l’amour, les feintes et les fuites en avant, les migraines et les disputes.

Ce qui était beau hier et sublime devint simplement banal, le silence et le mutisme s’installent là où ne régnait que le tumulte des soupirs, des râles et du bruit.

Un regard qui fuit un autre, une présence qui devient absence, une absence qui devient lourde, un désir de départ, une envie d’ ailleurs.

Alors la peur s’installe, le téléphone de son bruit réveille les démons, la salle de bain devient lieu de refuge, lieu de quiétude dans lequel on s’enferme pour pleurer sur l’amour qui fuit et de l’indifférence qui s’installe.

La chambre à coucher la nuit venue est lieu de cauchemar et le lit qui fut le lieu de tant d’étreintes est un mouchoir sur lequel nos larmes silencieuses inondent les draps.

 

Plus rien, alors on cherche la bête, on refuse de croire en un départ, en une fin, le film de la vie ne doit et ne peux s’arrêter là.

On cherche à recoller les morceaux, mais l’envie n’ y est guère, alors tristement on se prépare à

L’inéluctable, on accepte la sentence, meurtri, contraint et forcé.

 

L’amour a fui sous mon toit et tu es parti, aujourd’hui je pars le coeur gros de souvenirs et vide en réalité, je cherche un autre regard qui va m’enflammer, et je t’imagine toi heureuse avec un autre, un semblable que moi mais si différent, un double d’homme mais un homme qui n’est pas moi.

Et pourtant en partant, tu pleurais en me disant n’avoir aimé que moi ; quel triste réconfort ; j’attends ton retour : une sonnerie : TOI …/..

3 réflexions sur “ UN SOIR……by Yves Seri ”

  1. conquise, je suis…par le style, par le contenu, j ai adore. ca pourrait etre la notre cette histoire…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s